Pour une alimentation locale, saine et accessible à tous !

La question du droit à l’alimentation trouve écho dans la Déclaration des Droits Humains de 1948. Deux articles sont intéressants : l’article 25-1 « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires… » et l’article 23-3 « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. »

Chacun doit donc avoir les moyens de s’alimenter, pour vivre dignement, si possible par le travail et sinon par les moyens de la protection sociale.

Pour ce faire, un collectif travaille depuis 2016 en France à l’intégration de l’alimentation dans le régime général de la Sécurité sociale, tel qu’il a été initié en 1946 : universalité de l’accès – une carte vitale de l’alimentation donne accès à des produits conventionnés pour un montant donné mensuellement et par personne ; conventionnement des professionnels réalisé par des caisses gérées démocratiquement et articulées avec une instance nationale composée de membres représentants de ces caisses ; financement par la création d’une cotisation sociale à taux unique sur la production réelle de valeur ajoutée. D’autres mécanismes sont également possibles.

Qui veut construire un droit propose un mécanisme pour tous, quel que soit son statut : « une politique pour les pauvres reste une pauvre politique ». Un tel mécanisme de Sécurité sociale de l’alimentation est un des leviers pour une transformation du système de l’alimentation — production agricole, transformation, distribution, consommation — et pour une démocratie dans l’alimentation.

Comment gérer démocratiquement les caisses locales ? Il s’agit de permettre d’assurer une orientation locale par les citoyens de la production agricole et alimentaire, en élaborant démocratiquement les types de produits et les critères de qualité auxquels ils aspirent avoir accès… Cela aurait pour effet de transformer l’offre actuelle de la production agricole et alimentaire pour y répondre ! Il s’agit aussi de sortir des mécanismes actuels, souvent dégradants, de l’aide alimentaire.

Concrètement, à Montpellier, un collectif informel de 25 organisations se mobilise pour monter une expérimentation autour de la démocratie alimentaire, de la transformation des systèmes alimentaires et de la transformation du dispositif d’aide alimentaire.

La caisse locale, basée sur le volontariat faute de politique nationale, est un budget commun issu de fonds publics et privés et de cotisations des citoyen.ne.s. Elle permet aux habitantes et habitants volontaires de dépenser chaque mois 100 euros, via une monnaie solidaire, dans des lieux de distribution alimentaire qui répondent à des critères élaborés collectivement : épiceries, groupements d’achats… Chaque participant reçoit 100 € en monnaie locale.

Cette caisse a pour but de favoriser et soutenir l’accès des habitant.e.s à des aliments sains, produits dans des conditions respectueuses de l’environnement, et de contribuer au développement de circuits de production et de distribution « durables » (en termes de santé, d’environnement, d’accessibilité, d’économie, de travail…). Cela soutient les petites structures paysannes.

Tous les partenaires (25) peuvent faire partie du comité local de Territoires à Vivres Montpellier qui est une instance d’échanges et de prise de décision sur les chantiers à mener. Ce comité local est composé de 47 personnes volontaires.

Si vous souhaitez en savoir plus et approfondir ce sujet, nous vous proposons de nous rejoindre le mercredi 18 mars à 20h30, dans la salle de l’ancien restaurant du Château de Plaisir, pour notre plénière. Vous aurez ainsi les réponses à vos questions sur ce qu’on appelle la Sécurité Sociale de l’Alimentation.